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Plou

La mémoire de la commune

Plou est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire. Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par deux petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'un site Natura 2000 et deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Plou est une commune rurale qui compte 527 habitants en 2023.

Au fil de l’histoire

Il y avait probablement un habitat gaulois à l’endroit qui s’appelle aujourd’hui « les Masures » à côté de l’actuel cimetière communal. Cette implantation avait, soit la forme d’un village ouvert (vicus), soit celle d’une grande ferme aristocratique gauloise (aedificia).

Il y avait là, sur cette légère hauteur ou à proximité : la terre, l’eau, le bois, et le minerai de fer nécessaires à une implantation gauloise.

En 469, l’empereur Anthémius demande au roi breton Riothamus, que Léon Fleuriot assimile à Ambrosius Aurelianus, de se mettre à la tête de ses 12 000 guerriers bretons afin d’arrêter le roi Euric et son armée de Wisigoths maîtres de l’Aquitaine, qui revendiquaient le Berry, la Touraine, le Limousin, l’Auvergne et le Velay.

Les deux armées se rencontrèrent au vicus Dolensis c'est-à-dire Déols près de Châteauroux qui n’existe pas encore à cette époque. Après deux jours de bataille, les troupes bretonnes furent défaites par les Wisigoths. Riothamus se réfugie chez les Burgondes, fédérés de l'Empire. Une lettre de Sidoine Apollinaire nous fait savoir que ses forces sont encore puissantes, mais elles n'ont plus combattu par la suite.

Mise à part la lettre de l'évêque Sidoine Apollinaire et les manuscrits de la Bibliothèque Nationale, il ne semble pas y avoir d'autres sources écrites sur la présence de groupes de Bretons dans le Berry, tout comme il ne semble y avoir aucune autre preuve de type archéologique, hagiographique ou linguistique.

Lors de la délimitation de ce fief, sa limite nord sépara le village primitif de la paroisse de Plou, établi aux « Masures », de son lieu de culte chrétien, mettant ce dernier sur la seigneurie de Chârost. Vers l’an mil, fut élevé le château vassalique de Breuilhamenon sur une motte à l’endroit où se trouve actuellement le château de Castelnau. Primitivement en bois, ce château fut reconstruit en pierre vers 1100, lui donnant ainsi son identité de château-fort médiéval.

Une charte latine datant de 1185 apprend qu’une partie de la seigneurie de Breuilhamenon était donnée en usufruit, moyennant l’essartage des terres ainsi allouées, à l’abbaye Saint-Sulpice de Bourges.

De 1356 à 1360 (traité de Brétigny), lors de la guerre de Cent Ans, la seigneurie de Breuilhamenon fut placée sous domination anglaise.

C’est en 1541 que Guillaume Bochetel, seigneur de Sassy et de la forêt de Thaumier, secrétaire du roi François Ier, devient seigneur de Breuilhamenon. Gardant l’implantation d’origine, Il transforme alors le château médiéval en château de style Renaissance berrichonne (il subsiste des formes venues du gothique flamboyant, qui commencent à se mêler à des influences de la Renaissance italienne) faisant de cette demeure seigneuriale un véritable condensé de l’évolution architecturale de cette époque.

C’est en 1647 que Jacques II de Castelnau-Bochetel, seigneur de Joinville, hérite de son père de la seigneurie de Breuilhamenon. Grand militaire, ce seigneur se distingue en 1636 lors de la guerre franco-espagnole que mène Louis XIII. D’abord maréchal de camp en 1645 puis lieutenant général en 1650, ses faits d’armes glorieux amenèrent le roi à prononcer l’érection de la seigneurie de Breuilhamenon en marquisat de Castelnau.

Cette période de l’histoire de Plou est surtout marquée par la dynastie des de Bussy, qui comprend :

les Patissier de Bussy-Castelnau ;

les de Bussy-de Folleville.

Cette lignée de seigneurs gouverne le marquisat de Castelnau qui s’étend bien au-delà de la paroisse de Plou qu’il englobe totalement. C’est à cette époque que les terres de Plou connaissent la charrue qui remplace l’antique araire, qu'on y commence à parler de prairies artificielles et de la sélection des bêtes à laines pour stabiliser l’espèce en une race parfaitement adaptée au terroir berrichon.

La communauté de Plou traverse une grave crise démographique au début du XVIIIe siècle, puisqu’elle passe de 105 feux en 1709 à 87 en 1726. L’hiver de 1709-1710 notamment cause de nombreuses pertes, ainsi que la grande canicule de 1719 (qui tua beaucoup par dysenterie).

Les premières pommes de terre sont plantées sur les terres de Plou le 9 avril 1771 et contribuent à établir une certaine suffisance alimentaire pour la paysannerie qui vit sur le marquisat. Tous ces progrès sont issus du château de Castelnau et de l'ouverture d'esprit de son seigneur Charles Joseph Patissier de Bussy-Castelnau. De 1760 à 1780, ce seigneur aménage les alentours boisés du château en parc forestier, c'est probablement à lui que l'on doit la construction de l'obélisque des bois près de Brouillamnon.

La Révolution a ses conséquences à Plou comme dans le reste de la France.

Les origines du nom

Plou est attesté sous la forme Plauda en 1163, puis Ploe en 1177, Ploye XIIIe siècle et Ploa 1327.

Albert Dauzat, Charles Rostaing et Ernest Nègre y voient conjecturalement le latin plauta (terra) « terrain plat » ou plus certainement, pour les premiers, le latin plova « charrue » au sens possible de « terre labourée ». Par ailleurs, selon Ernest Nègre, l'ancien français plou avait le sens de « soc de charrue ».

Le terme plova « charrue », cité par Albert Dauzat, serait un terme de latin médiéval, mais Du Cange n'atteste que ploum / plovum en ce sens. Il conviendrait donc de poser un *PLOVA, non attesté, et la signification de « terre labourée » est un postulat ad hoc de cet auteur.

Par contre, l'interprétation par le latin plauta (terra), également proposée par ce dernier, mais aussi par E. Nègre, semble la plus solide. Elle est conforme aux formes anciennes, mais aussi concevable phonétiquement et sémantiquement.

Un patrimoine à découvrir

La seigneurie de Breuilhamenon des terres de Plou fut créée par le seigneur Amenon d'Issoudun vers 984. Cette seigneurie fut érigée en marquisat de Castelnau des terres de Plou en 1652 au profit de Jacques II de Castelnau-Bochetel, lieutenant général des armées du roi Louis XIV et qui deviendra maréchal de France le 26 juin 1658 six heures avant sa mort.

Château de Castelnau à Brouillamnon : à son origine, qui date d'autour de l'an mil, c'était probablement un château construit en bois sur une motte féodale constituée elle-même des terres provenant du creusement des fossés. Ce château de bois fut remplacé par un château de pierre vers 1100. C'est en 1541 que Guillaume de Bochetel, secrétaire du roi François Ier, transforme l'édifice médiéval en château de style renaissance berrichonne (entre le gothique flamboyant et la renaissance française d'inspiration italienne). Il faut attendre 1779 pour que Charles Joseph de Bussy lui donne son aspect actuel. propriété privée.

L'église originelle vouée à saint Pierre est du XIe siècle. Une partie fut reconstruite après l'occupation anglaise pendant la guerre de Cent Ans. Les voûtes intérieures en bois datent du XVIe siècle.

Château du XIVe siècle, en ruine à Font-Moreau : ce château médiéval dépendait à l'origine de la seigneurie de Chârost. Il fut probablement l'apanage traditionnel des puînés de la maison des seigneurs de Chârost.

Obélisque de pierres taillées de 12 mètres de hauteur à base carrée, élevé au centre d'une clairière des bois de Brouillamnon d'où partent 8 allées forestières.

Des vies liées à la commune

Amenon : deuxième seigneur de la première maison des princes d'Issoudun. Fondateur de la seigneurie de Breuilhamenon des terres de Plou entre 984 et l'an 1000.

Guillaume Bochetel, seigneur de Sassy et de la forêt de Thaumier : Guillaume Bochetel est greffier des aides et de gabelle en élection du Berry, clerc de notaire à la chambre du roi François Ier, secrétaire du roi attaché aux finances royale, greffier de l'ordre de saint Michel. Il est l'un des négociateurs du Traité d'Ardres. Il est « seigneur de Breuilhamenon des terres de Plou », de 1541 à 1558.

Jacques Bochetel, seigneur de Sassy et de la forêt de Thaumier : fils de Guillaume de Bochetel, il est trésorier du dauphin, secrétaire de la chambre du roi, greffier de l'ordre de Saint-Michel, maire de Bourges en 1552, ambassadeur extraordinaire du roi François Ier en Suisse puis en Flandre, gentilhomme de la chambre du roi Charles IX de France, chevalier de l'ordre sous le roi Henri III de France et conseiller d'État sous le roi Henri IV.

Le paysage et le village

La commune de Plou se situe à l’extrême est de la Champagne du bas Berry, sur un plateau délimité à l’est par la rivière Cher et à l’ouest par la rivière Arnon. Sa limite sud est à proximité du tronçon de la route nationale 151 qui relie Saint-Florent-sur-Cher à Chârost. Sa limite nord est proche de la route départementale D 23 qui joint Bourges à Reuilly.

Le territoire communal est traversé par le sentier de grande randonnée de pays de la Champagne berrichonne.

Le territoire occupé par la commune de Plou a émergé des eaux une première fois au crétacé supérieur, il y a environ 95 millions d’années. Cette émersion a duré environ 30 millions d’années, puis de nouveau l’océan l’a recouvert.

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